dimanche 30 décembre 2007

Clotilde Moulin


"Tu n'es ni celui dont je rêve
Ni celui que j'attends,Et, non, ta seule vue n'achève
Pas mes espoirs latents ;

Tu n'es pas non plus mon âme sœur,
Ni mon prince charmant,
Ni même l'élu de mon cœur ;
Je ne pense que rarement

À toi. Mais bon, puisque tu m'aimes,
On pourrait peut-être quand même

Être des amoureux peinards ;
Faire partie du clan des veinards ;
Constuire un couple sans psychose,
Sans le remettre en cause.
On s’ra des amoureux peinards
J'vais essayer, juste pour voir...

On n'sera sans doute jamais proche
Autant qu'on pourrait l'être,
Mais je n'te ferai pas les poches
Pour y trouver les lettres

D'une éventuelle maîtresse :
Je n' t'aimerai pas assez
Pour ça ; mais t'auras ma tendresse,
Si ça peut remplacer...

J'garantis pas qu'on soit intime,
Mais je te promets mon estime ;

Et qu'on s'ra amoureux peinard :
Du respect au point de départ
D'une histoire qui tiendra la route
Loin des affres du doute.

On s'ra des amoureux peinards, J'vais essayer, juste pour voir...

La folle passion torturée,
C'est trop dur à gérer :
On vivra mieux, sur la durée,
Notre amour modéré...

Peut-être que pour voir plus loin
J'ai besoin d'aimer un peu moins...

On s'ra des amoureux peinards
Qui goûtent le même genre de pinard,
En discutant de la cuisson
D'un cuissot de mouton.

On s’ra des amoureux peinards ;
Ouais, tu verras, ce s’ra l’panard…
Pas de ceux qui se claquent chaque
Jour à grands coups de claques…

On s'ra des amoureux peinards,
J'vais essayer, une fois, pour voir..."

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