dimanche 7 avril 2013

Crime et châtiment

Avec : Chloé Struvay, Sarah Woestyn, Michel de Warzée, Bernard d’Oultremont, Bruno Georis, Mathieu Besnard,  Bernadette Mouzon, Jacqueline Bollen, Julien Devisscher, Nicolas Legrain, Xavier Percy et Sergio Zanforlin
Adaptation & Mise en scène : Alexis Goslain
Assistant à la mise en scène : Nicolas Legrain
Scénographie & Costumes : Noémie Breeus
Musique originale : Pascal Charpentier
Création lumières & Régie : Sébastien Couchard
Construction des décors : MCB Atelier


1865 à Saint-Pétersbourg, dans l’indigence la plus totale, Raskolnikov interrompt ses études et tue à coup de hache sa prêteuse sur gages. D’avoir défié la loi et la morale, il est rongé de douleurs physiques et mentales qui l’entrainent dans un enfer intérieur insoutenable.
Dans cette déchéance, le juge d’instruction Porphyre Pétrovitch décèle en lui l’audace du désespoir et une intelligence remarquable. Et, Sonia, jeune prostituée, le pousse à se découvrir et le guide sur la voie de la rédemption dans l’espoir qu’il prenne conscience de son acte immoral qui le ronge..



L’adaptation et la mise en scène d’Alexis Goslain envoûtent dans un suspens haletant. Il guide avec finesse les nombreux comédiens et les spectateurs dans le labyrinthe de ce puissant chef d'œuvre.
Les décors et costumes de Noémie Breeus sont à la hauteur de cette tragédie, ponctués de clins d’œil malicieux et rassurants.
Et, la musique originale de Pascal Charpentier rythme la pièce avec une vaporeuse gravité…

I would prefer not to

Cultivée avec ferveur par les peintres et poètes romantiques, la mélancolie n'est que rarement un vrai sujet de théâtre. C'est un bonheur double, dès lors, de voir Selma Alaoui s'emparer du sujet et le faire avec une telle excellence. La metteuse en scène, remarquée pour son Anticlimax au festival Emulation, s'est appuyée sur deux textes pour construire son spectacle. D'abord le Bartleby de Herman Melville, dont le héros, petit employé modèle à Wall Street au 19e siècle, entre petit à petit dans une dissidence aussi polie qu'implacable envers son patron, dissidence résumée par cette phrase dont la pièce tire son nom: « Je préfèrerais ne pas... ». Ensuite La Mère, texte beaucoup plus récent du Polonais Witkiewicz, qui explore un des fondements de la mélancolie: le rapport complètement tordu, d’amour et de haine, entre une mère et son fils. Comédiens impeccables, scénographie remarquable qui permet de glisser entre les époques, judicieuse adaptation et imbrication des textes, direction d'acteurs impressionnante: le pari de Selma Alaoui est d'autant plus réussi qu'il était risqué!



D’après les œuvres de Melville et Witkiewicz
Texte et mise en scène Selma Alaoui
Assistanat à la mise en scène Guillaume Dumont et Coline Struyf
Scénographie, costumes Frédérique de Montblanc
Création lumière et direction technique Nathalie Borlée
Son Iannis Héaulme
Avec Anne-Pascale Clairembourg, Damien De Dobbeleer, Anne-Marie Loop, Emilie Maquest, Vincent Minne, Baptiste Sornin